Le Spiritisme

Le Spiritisme ou doctrine spirite est le nom donné à la philosophie contenue dans les cinq livres fondamentaux du spiritisme, codifiée par Allan Kardec, et publiée à l’origine à Paris entre 1857 et 1868. C’est pour cette raison, que Kardec est surnommé le « codificateur du spiritisme ». De ces ouvrages fondateurs, en particulier le premier, contiennent toute la doctrine qui définit le spiritisme moderne. Bien que présent partout dans le monde, très lié au don de voyance, et particulièrement populaire en Amérique Latine, le spiritisme initié et théorisé par un philosophe français est paradoxalement peu connu en France.

Allan Kardec, de son vrai nom, Denizard Hippolyte-Léon Rivail, est né le 3 octobre 1804 à Lyon, et mort le 31 mars 1869. Educateur et philosophe, il est le père du Spiritisme.

Définition et présentation du Spiritisme

Le spiritisme est la doctrine fondée sur l’existence, les manifestations et l’enseignement des Esprits. Elle fait parti des perceptions extra-sensorielles répandues depuis des générations.

Cette doctrine philosophique fut définie en 1857 dans son ouvrage fondateur : « Le livre des Esprits ». Le spiritisme accepte formellement l’existence de Dieu, de la vie éternelle, de lois morales et d’une communication concrète avec divers êtres spirituels, surtout les défunts. Le spiritisme appui aussi la réincarnation, sans la considérer obligatoirement terrestre. Sous sa forme pratique, le spiritisme observe différentes pratiques pour tenter de communiquer avec les Esprits de l’au-delà. L’instrument utilisé lors de ces tentatives est le « Médium ». Le Spiritisme n’est ni une secte ni une religion, il n’a ni culte, ni dogme, ni hiérarchie ; il prône la liberté de conscience comme un droit naturel et respecte toutes les croyances religieuses. Le Spiritisme qui veut instaurer la paix, la fraternité et l’amour entre tous les hommes a choisi pour devise : « Hors la charité, pas de salut »

Les principes du Spiritisme expérimental

Selon le Spiritisme de Allan Kardec, l’être humain est schématiquement constitué de trois éléments :

  1. Les différentes matières organiques, les os, les muscles, le sang, etc. Cet ensemble forme le corps physique.
  2. La personnalité, l’intelligence, la conscience, la volonté, etc. Cet ensemble forme l’esprit.
  3. L’énergie qui met en mouvement les muscles, le cœur, etc. et qui détermine la force du corps, sa vigueur, sa santé. Cet ensemble forme le périsprit.

Lors de l’apparition, les trois éléments se trouvent étroitement liés. Après le décès, le corps se dissout, mais l’esprit survit car il est éternel et l’énergie reste toujours attachée à l’esprit, (d’où son nom de « périsprit ». Cette énergie possède la faculté d’agir sur la matière, dans la mesure où elle animait le corps physique, alors elle peut toujours être utilisée par l’Esprit pour se manifester. Cette manifestation est facilitée par la présence d’un ou de plusieurs « Médiums ».

Les principes de la philosophie spirite

La philosophie spirite ne peut pas être résumée en quelques lignes, elle enseigne essentiellement les points suivants :

  • Dieu pour commencer Ă  crĂ©er l’homme sous la forme d’un Esprit,
  • C’est comme Esprit, que chaque crĂ©ature est conçue pour Ă©voluer vers plus de perfections,
  • Pour la rĂ©alisation de cette progression, Dieu Ă  donnĂ© une recommandation et le libre-arbitre, Ă  savoir la libertĂ© et la responsabilitĂ©.
  • Dieu Ă  simplement demandĂ© aux hommes de l’aimer et d’aimer leurs semblables, de faire pour les autres, ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous.
  • JĂ©sus de Nazareth, symbolise un modèle exemplaire,
  • Cette loi universelle mène au progrès, et Ă  la perfection,
  • Pour progresser et rĂ©parer d’éventuelles erreurs, les Esprits peuvent s’incarner,
  • Chaque humain sur terre est l’un de ces Esprits incarnĂ©s, temporairement liĂ© Ă  un corps de matière et sans souvenirs, l’émergence provoque une amnĂ©sie, ainsi les actes de la vie restent spontanĂ©s, sincères et non dirigĂ©s par la mĂ©moire intĂ©rieure,
  • Chaque individu peut dĂ©celer les raisons de son incarnation en analysants ses mauvais dĂ©fauts et enseigner l’amour et la charitĂ©.
  • Une personne peut vivre plusieurs incarnations, le nombre et les conditions dĂ©pendent de la façon dont la personne choisit de progresser,
  • Les conditions de la vie sur la Terre, dĂ©coulent de situations antĂ©rieures Ă  l’apparition et des choix pris en cours de vie,
  • Après le dĂ©cès, la position occupĂ©e dans la vie spirituelle, correspond au mĂ©rite personnel,
  • Les Esprits non incarnĂ©s peuvent communiquer avec l’humanitĂ©,
  • L’objectif de la communication avec l’au-delĂ , apporte une première preuve de la vie Ă©ternelle et permet d’en tirer un enseignement pratique. Les Esprits de hauts niveaux tĂ©moignent de leur joie et enseignent la façon d’atteindre un bonheur identique. Les Esprits moins Ă©voluĂ©s sollicitent des conseils et attestent de la souffrance provoquĂ©e par leur manque d’amour et de charitĂ©.

Les MĂ©diums

Qu’est qu’un Médium ?

Un MĂ©dium, dans l’univers du spiritisme, c’est une personne sensible Ă  la prĂ©sence des Esprits, et possĂ©dant la facultĂ© de communiquer avec eux. On considère que les MĂ©diums se situent entre le monde des vivants et celui des morts, entre le monde matĂ©riel et celui immatĂ©riel (astral), ce qui leur vaut cette appellation qui signifie « milieu intermĂ©diaire ».

Les Médiums sont naturellement sensibles aux énergies, à un degré plus ou moins élevé en fonction des individus, ce qui leur permet de détecter la présence d’esprits, leur sexe, parfois leur identité. Mais aussi le passé d’un lieu ou d’un objet.

Toute personne qui ressent à un degré quelconque l’influence des Esprits est, par cela même, médium. Cette faculté est inhérente à l’homme, et par conséquent n’est point un privilège exclusif ; aussi en est-il peu chez lesquels on n’en trouve quelques rudiments.

On peut donc dire que tout le monde, à peu de chose près, est médium. Toutefois, dans l’usage, cette qualification ne s’applique qu’à ceux chez lesquels la faculté médianimique est nettement caractérisée et se traduit par des effets patents d’une certaine intensité, ce qui dépend alors d’une organisation plus ou moins sensitive.

Il est à remarquer que cette faculté ne se révèle pas chez tous de la même manière concernant le spiritisme, les médiums ont généralement une aptitude spéciale pour tel ou tel ordre de phénomènes, ce qui en fait autant de variétés qu’il y a de sortes de manifestations. Les principales sont : les médiums à effets physiques, les médiums sensitifs ou impressibles, auditifs, parlants, voyants, somnambules, guérisseurs, pneumatographes, écrivains ou psychographes.

MĂ©diums Ă  effets physiques

Les médiums à effets physiques sont plus spécialement aptes à produire des phénomènes matériels, tels que les mouvements des corps inertes (table tournante), les bruits. On peut les diviser en médiums facultatif (ceux qui sont conscient de leur pouvoir et produisent des phénomènes par l’acte de leur volonté) et médiums involontaires ou naturel (ceux dont l’influence s’exerce à leur insu, et n’ont aucune conscience de leur pouvoir).

MĂ©diums sensitifs et impressibles

On désigne ainsi les personnes susceptibles de ressentir la présence des Esprits par une vague impression, une sorte de frôlement sur tous les membres, dont elles ne peuvent se rendre compte. Cette variété n’a pas de caractère bien tranché, tous les médiums sont nécessairement impressibles, l’impressionnabilité est ainsi plutôt une qualité générale que spéciale : c’est la faculté rudimentaire indispensable au développement de toutes les autres.

MĂ©diums auditifs

Ils entendent la voix des Esprits, quelquefois une voix intime se fait entendre dans le for intérieur, d’autres fois c’est une voix extérieure, claire et distincte comme celle d’une personne vivante. Les médiums auditifs peuvent ainsi entrer en conversation avec les Esprits. Lorsqu’ils ont l’habitude de communiquer avec certains Esprits, ils les reconnaissent immédiatement au caractère de la voix.

MĂ©diums parlants

Les médiums parlants n’entendent rien, l’Esprit agit sur les organes de la parole comme il agit sur la main des médiums écrivains. L’Esprit voulant se communiquer se sert de l’organe qu’il trouve le plus flexible chez le médium ; à l’un il emprunte la main, à un autre la parole, à un troisième l’ouïe. Le médium parlant s’exprime généralement sans avoir la conscience de ce qu’il dit, il dit des choses complètement en dehors de ses idées habituelles, de ses connaissances et même de la portée de son intelligence.

MĂ©diums voyants

Les médiums voyants sont doués de la faculté de voir les Esprits. Il en est qui jouissent de cette faculté dans l’état normal, alors qu’ils sont parfaitement éveillés, et en conservent un souvenir exact, d’autres ne l’ont que dans un état somnambulique. Le médium voyant croit voir avec les yeux, comme ceux qui ont la double vue ; mais en réalité, c’est l’âme qui voit, et c’est la raison pour laquelle ils voient aussi bien les yeux fermés que les yeux ouverts.

Médiums guérisseurs

Ce sont des personnes qui ont le don de guérir par un simple attouchement, un regard, ou par un geste même, sans le secours d’aucune médication. On dira, que ce n’est pas autre chose que du magnétisme. Il est certain que le fluide magnétique joue ici un grand rôle. Mais là les choses se passent différemment, chez les médiums guérisseurs la faculté est spontanée, et quelques- uns la possèdent sans avoir jamais entendu parler de magnétisme. L’intervention d’une puissance occulte, qui constitue la médiumnité, devient évidente, en certaines circonstances, elle l’est surtout quand on considère que la plupart des personnes que l’on qualifie de médiums guérisseurs, on recourt à la prière, qui est une véritable évocation.

MĂ©diums pneumatographes

On donne ce nom aux médiums aptes à obtenir l’écriture directe, ce qui n’est pas donné à tous les médiums écrivains. Cette faculté est assez rare, elle se développe probablement par l’exercice, mais comme nous l’avons dit, son utilité pratique se borne à une constatation patente de l’intervention d’une puissance occulte dans les manifestations. L’expérience seule peut faire connaître si on la possède. Il suffit de poser une feuille de papier pliée dans un endroit quelconque ou désigné par l’Esprit, pendant dix minutes ou un quart d’heure parfois plus. La prière et le recueillement sont des conditions essentielles.

MĂ©diums Ă©crivains ou psychographes

De tous les moyens de communication, l’écriture manuelle est le plus simple, le plus commode et surtout le plus complet. C’est vers celui-là que doivent tendre tous les efforts, car il permet d’établir avec les Esprits des relations aussi suivies et aussi régulières que celles qui existent entre nous. En spiritisme, on doit s’y attacher d’autant plus que c’est celui par lequel les Esprits révèlent le mieux leur nature et le degré de leur perfection ou de leur infériorité. Par la facilité qu’ils ont à s’exprimer, ils nous font connaître leurs pensées intimes et nous mettent ainsi à même de les juger et de les apprécier à leur valeur. La faculté d’écrire, pour un médium, est en outre celle qui est le plus susceptible de se développer par l’exercice.

Les Esprits

En spiritisme, les Esprits ne sont pas, comme on se l’imagine souvent, des êtres à part dans la création, ce sont les âmes de ceux qui ont vécu sur la terre ou dans d’autres mondes, dépouillées de leur enveloppe corporelle. Quiconque admet l’existence de l’âme survivant au corps, admet par cela même celle des Esprits.

L’échelle spirite

La classification des Esprits est basée sur le degré de leur avancement, sur les qualités qu’ils ont acquises et sur les imperfections dont ils ont encore à se dépouiller. Cette classification n’a rien d’absolue. Les Esprits sont de différents ordres selon le degré de perfection auquel ils sont parvenus. Dans le spiritisme, le nombre d’ordres est illimité, parce qu’il n’y a pas de délimitation, et ainsi il est possible de multiplier ou restreindre les divisions à volonté. En considérant les caractères généraux, il est possible de les réduire à trois principaux ordres.

On peut placer au premier rang ceux qui sont arrivés à la perfection : les purs Esprits ; ceux du second ordre sont arrivés au milieu de l’échelle : leur préoccupation est le désir du bien. Ceux du dernier degré sont encore au bas de l’échelle : ceux sont les Esprits imparfaits, ils sont caractérisés par l’ignorance, le désir du mal et toutes les mauvaises passions qui retardent leur avancement.

Les pur Esprits

Ils sont complètement détachés de la matière, et par leurs efforts sont arrivés dans de hautes sphères. Les purs Esprits ne s’incarnent plus. S’ils le font, c’est pour réaliser une mission en faveur de l’humanité. Ils ont parcouru tous les degrés de l’échelle et dépouillé toutes les impuretés de la matière. C’est pour eux, la vie éternelle qu’ils accomplissent dans le sein de Dieu. On les désigne quelquefois sous les noms d’anges, archange ou séraphins.

Les bons Esprits

Prédominance de l’esprit sur la matière, désir du bien. Leurs qualités et leurs pouvoir pour faire le bien sont en raison du degré auquel ils sont parvenus : les uns ont la science, les autres la sagesse et la bonté ; les plus avancés réunissent le savoir aux qualités morales. N’étant pas encore complètement dématérialisés, ils conservent des traces de l’existence corporelle. Ceux sont les Esprits bienveillants, Esprits savants, Esprits sages et Esprits supérieurs.

Les Esprits imparfaits

Prédominance de la matière sur l’esprit. Propension au mal. Ignorance, orgueil, égoïsme et toutes les mauvaises passions qui en découlent. Tous ne sont pas essentiellement mauvais, chez quelques-uns, il y a plus de légèreté, d’inconséquence et de malice que de véritable méchanceté. Les uns ne font ni bien ni mal, ils dénotent leur infériorité. D’autres, au contraire, se plaisent au mal, et sont satisfaits quand ils trouvent l’occasion de le faire. Ceux sont les Esprits impurs, Esprits légers, Esprits faux savants, Esprits neutres, Esprits frappeurs et perturbateurs.

Le Spiritisme
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